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Courses de Strasbourg 2012 et Meeting de l'Eurodiscrict

Courses de Strasbourg 2012 et Meeting de l'Eurodiscrict
UN PARMI 10000 AUTRES
 
Ce matin, c'était les courses de Strasbourg. Plus de dix milles sportifs ont répondus présent pour cette édition, un chiffre à donner le vertige. C'est vraiment une bonne nouvelle qu'il y ait eut tant de monde, ça montre bien qu'il y a de plus en plus de gens qui prennent conscience des bienfaits du sport sur la santé.

 
Courses de Strasbourg 2012 et Meeting de l'Eurodiscrict
En ce moment, un peu partout, la course à pied à l'vent en poupe. Il suffit d'voir passer la troupe pour comprendre qui a un truc génial qui se passe dans les rues de la ville. Le paysage Alsacien est ancré en moi. Alors quand j'vois qu'il y a un tel engouement pour le sport, j'suis encore plus fier d'être né à Strasbourg. Aujourd'hui, on est plus de dix mille à poursuivre le même but, plus de dix mille à aller dans la même direction. C'est ça qui est extra avec la course sur route, ça rassemble tout un tas de gens venus d'horizons différents, qui ont tous une histoire à raconter. Dans notre communauté, peu importe le statut social où les origines. Le cordonnier, le boulanger, le Rmiste et l'PDG accomplissent tous le même effort, tous ont le droit aux mêmes encouragements. Chez nous aucun traitement de faveur, le tarif est le même pour tout le monde. Ce p'tit numéro qu'on porte tous sur la poitrine, c'est mille fois mieux qu'le CV anonyme. Grâce à lui, nous sommes tous égaux l'espace de quelques heures, l'espace de quelques foulées.
 
Courses de Strasbourg 2012 et Meeting de l'Eurodiscrict Être coureur dans une ville qui court, ça donne franchement la patate. Sérieux, ça donne la chaire de poule, ça fait frissonner l'corps... et ce n'est pas la p'tite bise fraîche qui nous met dans cet état là, mais bien cet ouragan coloré déferlant dans une ville entièrement conquise à la cause sportive. Toute cette masse de gens qui sillonne les ruelles comme un courant d'air, courant même par delà les frontières, construisant des passerelles entre terre et ciel à chaque fois qu'elle décolle une semelle. Ici chacun court à son rythme. Chacun court comme il en a envie, comme il le désire, sans se prendre la tête. L'essentiel c'est juste de prendre du plaisir et de se sentir bien dans ses baskets. L'essentiel, c'est juste d'être là, de répondre présent à l'appel. Du Boulevard de l'Europe jusqu'au parc des expos, en passant par le jardin des deux rives, on prend notre pied en cadence. On martèle le bitume au fur et mesure qu'on avance. Sur le chemin, la foule nous salut et nous pousse avec entrain. Y'a un speaker qui fait son job avec passion. En l'écoutant, on sent vraiment qu'il est heureux d'être là. Pas de mise en scène aujourd'hui, rien que du naturel. Ça fait chaud au c½ur toute cette ferveur. J'suis dans mon élément. Avec mon débardeur flashy, j'me sens comme un saumon dans l'eau. J'compte plus le nombre de fois où j'ai participé à cette épreuve. Et oui, c'est bien connu quand on n'aime on ne compte pas... les bornes. On les avalent comme du pop-corn.  
                                                                                                                                         
Comme des tireurs d'élite avant de mettre dans l'mille, on est tous concentrés à l'extrême. On s'impatiente, on piétine avec le pied sur la ligne. La recordwoman d'Europe du 100m, Christine Aaron, passe nous dire un p'tit bonjour. À 11h15, le revolver libère un projectile en direction des étoiles. Cette fois, on n'a pas droit au compte à rebours façon fusée Ariane. Du haut de son estrade, c'est Monsieur Roland Ries, le maire de Strasbourg, qui nous met sur orbite en pressant sur la détente un p'tit peu trop vite. Enfin, ça y est, le peloton du 10km est libre de partir. Conditionnés pour réagir rapidement, on pousse sur les appuis. Ce dimanche, c'est l'heure de pointe. C'est fou c'qui a du monde sur les routes. Je comprends pas, pourtant Bison futé ne prévoyait pas de bouchons... Les Strasbourgeois nous font des petits signes depuis leurs balcons. Même la cathédrale nous fait un p'tit coucou. Elle aussi a mis ses baskets. Elle aussi s'invite aux réjouissances. Un beau soleil nous scrute du ciel, il semble profiter du spectacle. Y'a deux, trois membres de la famille des nuages qui nous guettent de là haut, les autres sont restés chez eux, pour pas trop nous gâcher la fête. Chacun court à son rythme de croisière, façon bateau mouche, en prenant bien garde à ne pas se laisser griser par l'ambiance. Bien gérer son effort c'est l'assurance d'aller au bout sans surprise, c'est l'assurance de vivre un moment spormidable.
 
Courses de Strasbourg 2012 et Meeting de l'Eurodiscrict

En cas de p'tit coup d'barre, les tables de ravitaillement tombent à pic. Hélas plus on court vite moins on y passe de temps. Une dame me tend un gobelet mais je décline son offrande. De toute façon la plupart du temps quand je veux en choper un, il m'explose en main. Alors autant patienter jusqu'à l'arrivée et ses délices. L'arrivée, souvent autour du 8km, on aimerait déjà y être. Quand on a les cuisses qui chauffent et le c½ur qui semble nous dire arrête. Parfois, c'est comme si y'avait un p'tit démon dans notre tête, un p'tit diablotin qui voudrait nous voir jeter l'éponge. Heureusement, bien souvent y'a le p'tit ange qui débarque pour le virer de là et nous remettre sur le bon rail. Aujourd'hui sur le pavé de Strasbourg, y'en a qui ont battus leurs records, y'en a qui ont fait une bonne perf et d'autres qui n'ont pas fait l'temps escompté... Mais peu importe, car tous auront vécu un moment fort qu'ils ne sont pas prêt d'oublier.
 

 
 
Meeting de l'Eurodiscrict
ENCORE UN P'TIT QUINZE POUR LA ROUTE
 
Courses de Strasbourg 2012 et Meeting de l'Eurodiscrict
 
Parfois c'est fou ce que la vie nous réserve des surprises. Si on m'avait dit ce matin que j'allais courir un 1500m l'après-midi, je ne l'aurais pas cru... La dernière fois que j'en ai couru un c'était le siècle dernier. Sans déconner... c'était en 1999. Un autre temps, une autre époque. J'avais treize piges de moins au compteur et ma deuxième licence d'athlé dans la poche. Comme quoi dans la vie, il ne faut jamais dire jamais...

Il est environ midi moins le quart. Je viens tout juste de boucler le dix kilomètres des courses de Strasbourg. Ça va, j'ai fait le maximum. Tranquillement, je retourne vers la voiture pour me changer et je pars tranquillement pour une p'tite récup. Ensuite, le temps de rentrer, de manger puis d'allonger un peu ma grande carcasse, v'là que je reçois un coup d'téléphone. À l'autre bout du fil, c'est Martin, un jeune cadet que je coach. Ce matin, il a couru le 5km, et il a finis 5ème en 16mn39 (contre 17mn25 l'an dernier). Et là, dans quelques minutes, il va courir un 400m au meeting de l'Eurodiscrict, qui se déroule au stade de Hautepierre, sur la piste où je m'entraine quotidiennement. Mardi dernier à l'entrainement, il m'a demandé s'il pouvait participer à cette compète juste le fun, après avoir couru son 5Km et j'ai dit : « Oui, tu peux mais ne force pas trop, fais toi juste plaisir ». Il voulait faire les deux courses, comment lui dire non...Enfin bref, en même temps, c'est dommage qu'une telle manifestation sportive ait lieu le même jour que des courses de Strasbourg.
 
Courses de Strasbourg 2012 et Meeting de l'Eurodiscrict  
Je jette un ½il sur l'horloge. Il est 15h00. En regardant le programme du meeting de l'Eurodistrict sur ce foutu internet, j'apprends qu'il y a un 1500m qui va se courir à 16h25... On tente de me convaincre d'y participer. Et moi j'hésite encore... Mon amie insiste. Elle aimerait me voir courir sur une piste au moins une fois. J'sais pas, j'ai déjà couru ce matin alors j'suis pas sûr de vouloir remettre le couvert cet aprèm, et en plus de ça sur une distance aussi explosive. En plus, il est peut être déjà trop tard pour s'inscrire sur la liste des engagés... J'hésite, mais l'idée me plait bien, le challenge est rigolo. J'aime bien les délires comme ça... C'est dingue, à croire que c'matin j'ai pas eu ma dose... les jeunes vont m'tuer si j'y vais... Amstramgram, j'y vais, euh  je n'y vais pas... Allez, J'y vais!!! Le temps de faire mon sac vite fait, d'y glisser une bouteille de flotte, des chaussures à pointes, un tee-shirt et un short, et hop je décolle. Dans la bagnole, oh punaise les fous rires que j'tape, un vrai cinglé. Sur place, je demande si j'peux encore m'inscrire et on me répond « Affirmatif ». Cette fois, impossible de faire marche arrière, ça va faire mal ! Attention les gars, faite place. Le pro de l'impro est dans la place. Est-ce que je vais être le dernier membre de la famille Baala à courir un 1500m sur la piste de hautepierre, là où mon frère a construit sa légende en battant des tas de records ?
   
Sur le stade d'échauffement, ça papote. Y parait qu'y a des Allemands costauds qui vont débarquer... « Oh punaise, même pas peur !!! » Avec qui j'vais courir ? Aucune idée... Moi la liste des partants, je m'en tape. J'ai jamais appelé un organisateur de course pour lui demander si des kenyans allaient venir. Si je décide de courir, je cours. J'fonctionne parfois un peu au feeling. J'accepte de prendre une tôle sans problème, ça ne m'enlève jamais le sourire. La peur de me prendre une raclée ne m'a jamais effleuré. La peur de pas prendre de plaisir par contre si, très souvent. « Hey au fait Alain, c'est combien déjà les minimas pour les jeux sur quinze? ». Quoi... tu crois que je rigole où quoi ?
 
Aujourd'hui, je vais passer d'un monde à un autre en une journée, sans prendre de vol long courrier ni de jet privé. Je vais passer de la route à la piste en quelques heures à peine, juste pour le fun. Ma montre me saoule, alors je la laisse au vestiaire. Des crêtes (vosgiennes) au quinze cent mètres, il n'y a qu'un pas, il n'y a qu'une feuille d'inscription pas plus épaisse qu'un dossard... Si on veut, on peut l'faire... Il faut simplement le vouloir. C'est dans la tête que ça se passe.
 
Courses de Strasbourg 2012 et Meeting de l'Eurodiscrict Ca y est, l'officiel nous appelle tous un par un. Mort de rire. Y'a mon blaze sur la Start-List. J'avais oublié tous ces petits détails à force de taquiner le bitume. « Les pieds derrière la ligne j'ai dit ». La tension monte d'un cran. « À vos marques, prêts... »  Et c'est parti mon kiki. Ça démarre tellement vite que j'ai pas l'temps de réagir. En plus de ça, j'ai pas trop envie de batailler dans le peloton. Résultat, je me retrouve en dernière position au bout de la ligne droite de départ et ce n'est pas prémédité du tout (non, je copie pas la technique de Mehdi). Au moment d'attaquer le premier virage, je me décale au couloir 3 pour remonter vers les premières positions. Le peloton est dense, le couloir 2 est déjà en partie occupé. On passe au 300m. Je me retrouve autour de la huitième place. J'ai toujours du mal à rentrer à la corde, je dois encore faire l'extérieur en attendant que ca se décante.  Il faut dire qu'il y a du monde en course et que les gars ne se posent pas d'question, ils bourrinent sec. Ce meeting a eut du succès. Les spectateurs sont venus en nombre, ils ont donnés de la voie et ça a mis des fourmis dans les jambes de certain. Au passage au mille, je me laisse emmener sans savoir sur quelle base j'évolue au juste. Je me sens bien. Tellement bien, que je décide de me mettre épaule contre épaule avec celui qui mène les débats. À 200m de la ligne d'arrivée, je passe même devant. C'est dingue... je joue la gagne. Bon ok, c'est pas la finale des jeux olympiques... mais tout de même ça fait plaisir... J'y crois de plus en plus à la victoire.
 
Finalement, dans les tous derniers mètres, je vais m'incliner au sprint face à deux jeunes prometteurs. Bravo à Nabil et à Arthur. Au finish, c'est pas passé loin. Mais en tout cas, je suis super content d'être venu et d'avoir participé à cette course. Franchement, je me suis bien éclater avec les juniors. Et en prime, j'ai eus droit aux honneurs d'un podium à la fin de la journée. Si on m'avait dit ça ce matin... je n'y aurais pas cru. Après un petit bilan de mon entrainement biquotidien improvisé (31mn51sec au 10km et 4mn08sec au 1500m), je fais un dernier petit détour par la piste d'échauffement pour trottiner avec les potes. Soudain, y'a une idée qui me trotte derrière la tête: « Hey les gars, on fait le 4x4 ou quoi ? ». 



 
Menu de la journée du 13 Mai 2012:

11h15 Les Courses de Strasbourg

10 Km Route | M | 10 Km Route | 
1 29:21 NIZIGIYIMANA Ezéchiel (BDI) Asvel Villeurbanne   
2 29:27 KENESSI Geoffrey (Ken)         
3 29:32 EL HIMER Driss S/l Asptt Strasbourg   
4 29:40 MEKONEN Tekle (Eri) Montpellier       
5 29:44 KIPTOO Eliaz (Ken) Schoeneck      
6 30:32 BEGHOUL El yemine Racing Cf (paris)   
7 30:51 ASMELAH Merhaoui (Eri) Montpellier      
8 30:53 FOULOUH Karim Strasbourg Agglomeration Athle   
9 30:58 DA SILVA Anthony A.s.l. La Robertsau  
10 31:08 DENGUIR Hamid (Ita)        
11 31:51 BAALA Samir Saint-louis Rc   
12 32:15 DITSCH Mathieu As Cheminots Metz   
13 32:51 COLLIN Laurent Us Toul Athletisme   
14 32:54 BASILICO Gregory A. Sarreguemines Sarrebourg   
15 32:55 CHEPCHIRCHIR Sarah (Ken) 
 
       
 
16h25 Le Meeting de l'Eurodiscrict
 
1500m/TCM | M | Finale directe 1 | 
1 4'07''63 NADI Nabil (MAR) S/l Rohan Athletisme Saverne 
2 4'08''28 DELOIGNON Arthur As Strasbourg
3 4'08''71 BAALA Samir Saint-louis Rc 
4 4'09''95 GROSS Quentin S/l Fc Haguenau 
5 4'10''67 WEBER Erwan A.s.l. La Robertsau 
6 4'13''87 HIHN Bruno Ac Centre Alsace 
7 4'14''49 TURLURE Mathieu S/l Rohan Athletisme Saverne 
8 4'14''68 STORTZ Christian (Ger) LG-Ortenau-Nord 
9 4'15''13 PEYBERNES Julien S/l Rohan Athletisme Saverne
10 4'16''75 SIEGEL Patrice S/l Fc Haguenau 
 

 
Photos: DNA et Jacky Loos. Merci beaucoup.
Bravo au 10000, à Martin et à Jonathan pour leurs belles perfs lors des courses de Strasbourg.
  
 
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#Posté le lundi 14 mai 2012 13:07

Modifié le mercredi 16 mai 2012 13:02

24. Sparkassen city-Lauf Sarrebruck: 5 sur 5

24. Sparkassen city-Lauf Sarrebruck
Reçu 5 sur 5
 
24. Sparkassen city-Lauf Sarrebruck: 5 sur 5
 
Samedi 05 Mai,
 
C'est en Allemagne que j'ai choisis de courir ce week-end. Six jours après ma petite virée en Suisse, j'ai cette fois participé à une course élite de 5km (temps d'engagement demandé: moins de 17mn30sec). Lorsque le coup de feu fut tiré, le samedi soir à 20h25, nous n'étions que 14 athlètes à nous élancer sur le circuit totalement plat de la Sparkassen-city Top Lauf, situé en plein c½ur du centre ville de Sarrebruck. Au moment du départ, sur la grande avenue commerçante, la nuit commençait doucement a tomber. Un peu plus tôt, une dizaine de courses populaires avaient déjà empruntées le même itinéraire. Le public avait donc déjà pu se chauffer la voie avant le moment phare de la journée, la course élite homme. Dés le début, je me positionne en tête avec les kenyans. Je n'ai rien à perdre aujourd'hui alors autant faire un peu le spectacle. C'est toujours sympa d'être un peu devant. Sur le chemin, les vitrines et les enseignes lumineuses défilent à une vitesse folle. Sous les encouragements d'une foule nombreuse et enthousiaste, nous partons à l'assaut des six boucles que compte l'épreuve. Chacune de ces boucles comprends deux lignes droites longues d'environ 430m. A chaque fois qu'on arrive au bout, on doit faire demi-tour et repartir dans l'autre sens, ce qui casse bien le rythme. Dans les épingles à cheveux, on est quasiment arrêté à chaque passage. Il faut relancer sans cesse pour conserver l'allure. Au bout du suspense, c'est my friend Dickson Kimutai qui a gagné la médaille d'or ( sur la photo, il porte un maillot jaune fluo). Le Kenya ne peut même plus compter ses victoires tant elles sont nombreuses de par le monde. Pour ma part, je termine assez satisfait à la 6ème place de cette épreuve. Le moteur est toujours un peu bridé mais je sais que cette petite séance rythmée me servira pour les courses de Strasbourg.
 
24. Sparkassen city-Lauf Sarrebruck: 5 sur 5Résultats Sarrebruck Top Lauf der Männer 5Km:
1. 914 Dickson Kimaiyo Kimutai Kenia  14:32,9
2. 915 Taye Damte Kuashu Äthiopien 14:33,1
3. 913 Kipchirchir Sirma Nelphat Kenia 14:36,9
4. 920 Volodymyr Timashov Ukraine 14:45,8
5. 911 Raphael Schäfer Adidas Team 14:51,1
6. 912 Samir Baala Adidas Frankreich 15:14,2
7. 901 Erik Franz Stahl Sport Team 16:07,3
8. 917 Markus Auler Tyron Team  16:24,2
9. 919 Thomas Weber Sport Jochum  16:29,7
10. 918 Sascha Anton Sport Jochum 16:29,8
11. 908 Mike Seewald  LC Rehlingen  16:33,6
12. 910 Bengt Leibrock Sport Jochum 16:34,3
13. 903 Uwe Trampert  Saarbrücken 17:13,6
14. 907 Sebastien Duits US Forbach 17:22,9
 

 
 
Dimanche 06 Mai,

24. Sparkassen city-Lauf Sarrebruck: 5 sur 5 
Ce matin là, je pars faire un footing d'une heure et quart dans un grand parc animalier, à l'intérieur et autour duquel une grande forêt s'étend sur plusieurs hectares. C'est vraiment un endroit magique. J'vous le garantis, se ballader dans un tel site, c'est cent fois mieux que de se promener virtuellement dans les couloirs de la pyramide du Louvre. Sur mon chemin, je croise des cerfs, des daims, des sangliers, des bisons, des chamois et quelques autres bestioles sympas. Environ 150 espèces d'animaux sauvages et domestiques d'Europe vivent dans ce parc, dans des enclos adaptés à leur espèce et à leurs conditions de vie naturelle. En courant dans cet endroit charmant, j'ai vraiment le sentiment de joindre l'utile à l'agréable, parce qu'en plus de courir dans un cadre idyllique, au cours de mon footing, je grimpe de belles petites bosses. C'est un excellent travail de renforcement musculaire. En tout cas, j'ai eu du bol... Deux minutes après la fin de ma séance, il s'est mis à pleuvoir à grosses gouttes, c'est un véritable déluge qui s'est abattu sur Sarrebruck. Heureusement, ce n'était qu'une averse et je n'ai pas eu besoin d'grimper dans l'arche de Noé avec tous les animaux du parc.

24. Sparkassen city-Lauf Sarrebruck: 5 sur 5
 
24. Sparkassen city-Lauf Sarrebruck: 5 sur 5


 
 
 
Retour à Blablaland

Bon allez, il est temps de reprendre la route de Strasbourg. Pas question d'esquiver le bureau de vote. Le grand verdict tombe ce soir. Le suspense n'a que trop duré. Tout le monde veut savoir à quelle sauce il va être mangé pendant les cinq prochaines années. Les sondages IPSOS, c'est bien beau mais y'a toujours un doute qui subsiste... Est-ce que l'homme que les gens stressent va remplacer l'homme qui stresse les gens ?  


24. Sparkassen city-Lauf Sarrebruck: 5 sur 5A 20 heures pétantes, le visage du nouveau président s'affiche sur tous les écrans de télévision. Mais grâce à nos amis belges, ça fait déjà une plombe que j'connais le résultat. 52% pour Hollande et 48% pour Sarkozy... ça y est, c'est la fin de l'ère bling-bling. Terminé les grosses bouffes au Fouquet's avec les patrons du CAC 40, place au régime weight-watcher et aux pantalons taille 40. Et oui, il faut bien se serrer la ceinture, c'est la crise. C'est véridique, je le sais, même qu'ils l'ont dit sur BFM TV. Cette fois c'est officiel, l'Air Sarko-one ne quittera plus le tarmac. L'airbus est à vendre au prix de l'argus, avis aux dictateurs... À la téloche, la petite ville de Tulle est mise à l'honneur. C'est le fief électoral du vainqueur, c'est là qu'il a choisit de prendre son bain d'foule. La Corrèze, c'est très loin des champs Elysées... mais c'est toujours à Blablaland. Les promesses politiques c'est comme notre jolie Marseillaise, que des belles paroles. Après la proclamation officielle du résultat, partout dans les rues, ça chante et ça danse. Y'a des groupes de sympathisants socialistes qui pleurent de joie comme des gagnants du tiercé. Mais ils ont juste misés sur le bon cheval, c'est tout. Ici et là, on vit d'humour et d'bière fraiche, comme si tout d'un coup, comme par magie les salaires allaient tripler, comme si par enchantement, on allait voir la vie en rose. Quelle belle farce. Sur une place de la bastille repeinte aux couleurs du PS, on sabre le Dom Pérignon et on se met à rêver bruyamment à un monde meilleur. En attendant l'augmentation des impôts, l'exilé fiscal préféré des Français les entraine sur la piste de danse. Saga blablaland, ambiance de la cambrousse. Quand la gauche caviar est de sortie, attention les secousses. Pendant ce temps-là, sur la droite de la chaussée, la déception se lit sur le visage de chacun. Y'a des gens qui pleurent parce que Nicolas s'en va. Ils le plaignent comme s'il allait se retrouver SDF en rendant les clés du château. Mais qu'ils calment leurs inquiétudes, un type qui a eut 44 chauffeurs à sa disposition ne fera jamais de l'auto-stop. Un type qui a eut 87 cuistots à son service ne fera jamais la plonge. Si un jour je croise Stéphane Bern, faudra que je lui demande combien de cochets avait Louis XIV. Parce que j'crois qu'à l'Elysée on fait même plus fort qu'à Buckingham palace. Ok, je prends note... c'est Monsieur François Hollande qui a remporté l'élection présidentielle 2012... mais ça ne changera pas ma vie, ni celle de mon voisin de palier. Revoir la gauche aux affaires c'était le Désir d'Harlem. Moi demain matin, quand j'irai chercher mon pain chez Olland (la boulangerie du quartier), la miche aura toujours le même goût qu'avant. Et oui, on ne change pas une équipe qui gagne. On rigolera peut-être un peu plus qu'avant mais c'est tout.


 
( Merci à ma p'tite photographe cherie)
 
 

Coluche en 1978: Attendez que la gauche passe... en 2012... Vous allez voir... 
http://www.youtube.com/watch?v=ackQ47EiK7Q

 
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#Posté le mardi 08 mai 2012 02:32

Modifié le mercredi 09 mai 2012 03:57

Aargauer Volkslauf: Aarau sur les abdominaux

 
Aargauer Volkslauf
Aarau sur les abdominaux
 
Aargauer Volkslauf: Aarau sur les abdominaux

Samedi 28 avril 2012,
 
Il est 22 heures et quelques... Ca y est, le coup de sifflet retentit dans le stade de France. Finalement, les petits amateurs de l'Us Quevilly n'ont pas pu terrasser le Lyon (victoire de l'OL 1-0). La politique attire à nouveau toutes les attentions. Dans ma mémoire, se tourne le flashback du premier tour... En ce jour du 22 avril, je m'retrouvais dans l'école élémentaire Karine du quartier d'Hautepierre qui faisait office de bureau de vote. Sur place, coincé derrière le rideau de l'isoloir avec mes bulletins blancs et ma p'tite enveloppe grise, je me demandais pour quel énergumène j'allais bien pouvoir voter. Après moult hésitations, je décidais de me replonger dans le programme phare du moment, celui qui s'intitule: «  Qui sera le nouveau président ». En effet, pour m'aider à faire mon choix parmi les dix finalistes, quoi de mieux que ce remake de « La Nouvelle star ». Je revoyais tous les candidats sur la ligne de départ. Vaillants et déterminés dans cette spectaculaire campagne, Naboléon, Eva pas jolie, Méluche la voiture balai, Bayroudoudou sans son tracteur, Pudding et le Clone, nous faisaient vivre leurs p'tites aventures quotidiennes. Ils dansaient. Ils chantaient. Ils nous faisaient rire et pleurer. Jour après jour, on apprenait à les aimer où bien à les haïr. Ces figures de la vie politique repeignaient entièrement l'espace médiatique, avec un style bien à eux. Mais aujourd'hui, ils ne sont plus que deux en piste, deux à pouvoir accéder au pouvoir. L'animateur télé est déchaîné. J'ai un Nikos Aliagas dopé au jus d'argousier qui squatte dans mon crâne. En direct live de mes neurones, il met le paquet : « Chers auditeurs bonsoir. Souvenez-vous, au cours de la dernière émission, Loana a perdu son p'tit bull Marine. Le p'tit toutou à son pépère s'est noyé au fond d'la piscine. Juste avant cela, Dumbo est parti rejoindre le cimetière des éléphants, la voiture-balai est tombée en panne sèche et une ex-prof de lettre a enfariné Babar. Désormais le dénouement est proche. Qui l'emportera ? Qui s'essoufflera le premier ? Qui deviendra le nouveau président ?  Grâce aux sondages Ipsos et grâce aux votes sms, vous pouvez aider votre candidat préféré à devenir le nouveau président de la république. Oyé, Oyé peuple Français, c'est à votre tour de jouer !!! Speedy où bien Flamby ??? Pour connaitre le nom du vainqueur, rendez vous le dimanche 06 mai à 20 heures pétantes sur Boloss TV...»
 

Dimanche 29 avril 2012,
   
J'écoutais le disc-jockey/ Dans la voiture qui me traînait/ Sur la route de la Suisse/ Sur la route de la Suisse. À la radio j'entendais/ Eddy Mitchell qui nous chantait/ Sur la route de la Memphis/ Sur la route de Memphis...  
 
Aargauer Volkslauf: Aarau sur les abdominauxIl était 7 heures du mat. La journée s'annonçait belle. Ma Rolls blanche fendait l'air. Je portai un survêtement un peu élimé aux manches et une paire de chaussette noire. Sur le siège avant le chauffeur buvait du café en regardant l'heure. Alors que j'me trouvais assoupi à la place du mort, comme le chien loup d'la chansonnette, un discours tournait en boucle dans ma boite crânienne : « Françaises, français, je veux être le candidat du vrai travail... plus celui du vrai chômage... et Blablabla... Abasourdi dans mon jogging, acculé dans les cordes du télémarketing, je me prenais la droite en pleine poire. Une à une, des phrases débiles me sautait au cou. Pendant ce temps là, dans le coin opposé, l'hystérique relooké du front d'gauche me jetait un regard peu fou. Les joutes verbales et les envolées lyriques agrémentées de quelques petites phrases faisant office de programmes politiques s'enchainaient. À travers tout l'hexagone, l'élection présidentielle battait son plein. Visiblement ma tête avait du mal à sortir de l'urne en cette période de vote. Blablaland, Sarkoland où Holland, je ne savais plus trop où j'habitais. Heureusement, aujourd'hui je prenais le large. Je larguais les amarres pour taquiner un peu le bitume en attendant l'prochain scrutin. Toute cette agitation décoiffait un peu mon brushing. Il me fatiguait leur casting. Ça méritait bien un p'tit zapping. Et pour se vider l'esprit, rien de mieux qu'un bon footing. Le coureur répète ses gammes toute la semaine et le dimanche il monte sur scène pour faire grimper les pulses au max. Mais lui, ce n'est pas à travers un micro qu'il s'exprime. Il ne murmure pas à l'oreille du populo. Dans les meetings auxquels il participe, l'aristo ne porte pas de dossard. Dans les starting-blocks, il n'y a que les candidats du vrai sport.
 
Aargauer Volkslauf: Aarau sur les abdominauxDans la voiture qui m'entraine. J'essaie un peu de débrancher. Pour se faire, j'allume le transistor et je pousse un peu les watts. À mes pieds, se trouvent une petite bouteille d'eau, un plan et quelques disques. Un exemplaire de L'Equipe magasine est posé sur le tableau de bord. La veille, mon frangin a fait la une. La semaine dernière, j'me souviens que c'était le club de Lionel Messi qui avait eu ce privilège. Cette fois, après un numéro complet consacré au Barca, place à Baala !!! Qu'est ce que je les aime ces dimanches en mode « France qui se lève tôt ». Surtout quand le printemps de sa présence nous fait cadeau. Quand j'prends la route pour mouiller l'maillot. J'adore toutes ces veilles rengaines qui passent à la radio. À chaque refrain, je me prends pour Cloclo. La station Nostalgie m'colle à la peau. Aujourd'hui... j'ai le droit de me taire et d'foncer/ En gardant bien ma puce aux lacets/ Sur la route de la Suisse/Sur la route de la Suisse... Sur le chemin, pour passer l'temps, je modifie les paroles des chansons qui passent sur la bande FM, et je m'amuse à faire des rimes en O. Je m'éclate comme un gamin dans l'préau. Quand la cloche sonne, cartable en bandoulière, il démarre aussitôt. Ouvrez, ouvrez la cage aux minots/ Regardez les s'envoler, c'est beau.

 
Nom d'un chien Eddy, ça craint un max l'Amérique. En empruntant la route 66, le shérif t'amène tout droit vers le pénitencier de Memphis. Cette fois, t'es pas prêt de revoir cette fille qui t'attends dans sa robe blanche. Pour une fois les flics ont gagnés la partie. Franchement, tes menottes, gardes les Eddy. Moi, je ne te les échange pas contre une bonne virée dans l'canton d'Argovie. Tu connais le proverbe, la liberté ça n'a pas de prix. 
 
 
Aargauer Volkslauf: Aarau sur les abdominauxCa y est, j'arrive à Aarau. Un petit patelin comme les apprécie le jovial Jean-Pierre Pernaut. Un p'tit coin charmant loin de ressembler à Tokyo. Ici, les habitants ne vivent pas entassés les uns sur les autres comme des mégots. Et personne ne prend des cours de taekwondo. Normal, la criminalité affiche un taux zéro. Dans cette commune tranquille, on ne trouve pas de building comme à Chicago. À l'horizon, pas l'ombre d'un Mc Do. On croque la vie comme une barre mikado. Y'a la montagne, l'air pur et les petits troupeaux. Faut arrêter de lire le Figaro, en Suisse, on ne trouve pas que des exilés fiscaux. C'est une carte postale à ciel ouvert, un véritable Eldorado pour les amoureux de la rando. En jetant un coup d'½il dans l'rétro, je vois des vaches avec des clochettes sous le museau. J'aperçois Juliette dans l'Alpha d'Roméo et des villageois avec de grands sabots. Au milieu du groupe, y'a une Heidi aux nattes blondes comme les blés qui tient dans ses bras un jeune agneau au pelage blanc lunaire soyeux et aux yeux rieurs. Avec sa petite frimousse de peluche, il semble si doux qu'on croirait presque un nuage descendu du ciel.

 
Aargauer Volkslauf: Aarau sur les abdominaux12H 30. Le top départ est donné en face du stade de foot. Aujourd'hui, j'ai opté pour un 10 miles (16,090 km). Le peloton évolue au pied du Jura, le long d'une rivière nommé l'Aar. Sur le parcours, la plupart du temps, nous empruntons de petits sentiers en terre, très peu de macadam. Il fait assez chaud. Heureusement le petit vent qui souffle par intermittence nous apporte une fraicheur bienvenue. C'est vraiment agréable de courir dans un tel cadre. Parfois nous traversons une forêt. Très vite l'ouvreur en vélo s'éloigne avec dans sa roue le favori Ethiopien. Celui-ci a déjà gagné trois fois l'épreuve. Il connait bien son affaire. Après avoir vainement tenté de me rapprocher à la mi-course, je décide de gérer ma deuxième place. Je me sens bien. Sur mon chemin,  les gens m'encouragent en criant « Hopp, hopp, hopp !!! ». Parfois je leur lâche un sourire et parfois je n'y arrive pas. Et oui, c'est pas non plus une promenade de santé la course à pied. J'aime bien le drôle d'accent des gens d'la Suisse romande. Ici tout le monde m'appelle Zami. La Suisse aime le vrai sport. Quand tu cours ici, tu prends réellement du plaisir. Au 8Km, nous traversons un pont, pour passer sur l'autre rive et attaquer le retour vers Aarau. Cette fois, je n'ai plus trop envie de faire copain-copain avec un vent qui se fait de plus en plus incisif, et qui ralentit mon avancée. Ça devient franchement désagréable. Toutefois, j'suis pas non plus au bord de précipice. Je tiens encore bon la barre. Au bout de l'effort, l'arrivée se fera sur une piste d'athlé. Quelques mètres après la ligne, des tables de ravitaillement avec des montagnes de bananes sont disposées devant un camion aux couleurs de la boisson "Rivella". C'est avec un gobelet de ce précieux liquide que j'attaque tranquillement la réhydratation.

 
 Aargauer Volkslauf: Aarau sur les abdominaux
Résultats 10 mile. Aarau Volkslauf 2012
 
1 Berhe Zeremariam  Zürich 00:52.04
2 Baala Zami  Illkirch 00:53.12
3 Joho Markus  Dintikon 00:55.21
4 Feremutsch Christoph  00:58.33
5 Sickel Caspar  Wettingen 01:01.17
6 Ricci Andrea  Zürich 01:01.58
7 Rey Stefan  Anglikon 01:02.37 
8 Baur Reto  Aarau 01:05.09
9 Inäbnit Rinaldo  Stans 01:06.09
10 Perseghini Mauro  Montagnola 01:06.19
 
 
 
 

Haro sur les abdos
En ce moment, y'a plus d'soleil sur la carte météo. À cause de ce climat capricieux, il comprend plus rien l'ami Laurent Romejko... il dit un truc et v'la que c'est faux. Haro sur les abdominaux. On préfère sortir la console Nintendo. Les plus courageux vont en salle de Gym pour bosser un peu le cardio. Et les plus déjantés optent soi pour une sortie vélo (avec le vent de face, c'est encore plus rigolo) soi pour un footing les pieds dans l'eau. Avec toute cette humidité, on risque de choper des problèmes vertébraux (dédicace à Pepito). Même avec un coupe-vent sur le dos, on risque le lumbago. C'est chaud. A chaque averse, on rêve de gambader sous le soleil de Rio. Mais on se réveille avec la tête au dessus du lavabo. Aarau sur les abdominaux. Sur ces petits carreaux d'chocolats qui sont partis sans dire un mot. Vous laissant avec un ventre arrondie et quelques kilos en trop. Haro sur cette partie du corps qui se contracte quand vous riez, celle qui encaisse tous les coups bas que la vie vous a réservés, celle qui ressemble plus à une brioche dorée qu'à une plaque de domino double-six.
 
Aargauer Volkslauf: Aarau sur les abdominauxHaro sur l'auto
Le coureur est au piéton, ce que la Ferrari est à la 2CV. Partir courir, c'est comme s'évader de Guantanamo. On se retrouve loin d'la routine, métro, boulot, dodo. En courant, on passe à travers les barreaux. Haro sur l'auto. Y'en a qui la prenne juste pour aller cent mètres plus haut.  Nous on préfère sortir la paire d'Adizero. La veille ville au style gothique, on ne la traverse pas en Twingo, comme les bobos de la chanson d'Renaud. À bas les bras cassés. Vive les cuisses de taureau. C'est quand même pas un p'tit coup d'froid qui va nous mettre K-O ! Avant la course, on passe faire le plein au resto. Comme Tarantino, on élabore pleins de scénarios (sans effets spéciaux). Et si on se loupe, pas grave on prend l'prochain tramway... où bien le prochain cargo. La vengeance est un plat qui sort tout droit du frigo. Pour gagner la course faut avoir les crocs. C'est pas le dossard 1 qui fait le sacré numéro. Ton matos dernier cri ne fera pas de toi un pro. Si t'es qu'un second couteau, planque tes biscottos. Cesse de t'exhiber comme un maitre-nageur à Palavas les flots.
 
 

 
(Ce texte est dédicacé à Abdeslam cuisse de poule, à Christian Borde alias Jules Edouard Moustic et à Dédé torse de moineau. Pour bien comprendre le délire, une petite mise au point s'impose. Et pour ça, faut écouter « Sur la Route de Memphis » d'Eddy Mitchell. )


 http://www.youtube.com/watch?v=w-W4VgQtLNA
 
 

 
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#Posté le lundi 30 avril 2012 04:10

Modifié le jeudi 03 mai 2012 23:21

34. Osterlauf Grevenmacher : Neuf de Pâques

34. Osterlauf Grevenmacher 
NEUF DE PAQUES

34. Osterlauf Grevenmacher : Neuf de Pâques

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ce lundi neuf avril arrivait après un week-end plutôt calme. Un dimanche dans le canapé, à rien foutre, ça peut encore passer, mais quand le lundi qui suit est férié, on n'a vite fait de s'endormir.Tous les magasins sont fermés. Le stade est déserté. Y'a pas un ragondin qui traine dehors. Dans la rue, on entend plus le bruit du moteur, ni celui du marteau piqueur. C'est dead. Il n'y a plus âme qui vive. On se croirait presque en temps de guerre, en plein couvre feu. Quarante huit heures en mode fin du monde, on appelle ça le coup du lapin (de Pâques). C'est interminable. Quand un dimanche est suivi d'un jour férié, c'est le double effet cuisse-cool. C'est deux jours à s'ennuyer excessivement pour le prix d'un. On s'emmerde deux fois plus longtemps que d'habitude. Quand ça nous touche, c'est la paralysie totale assurée. On devient un assisté. Plus besoin d'avoir des bras d'ouvrier pour brasser du chocolat à la pelle. Il suffit de piocher dans la boite en bambou tressé garnie d'oeufs nougatine. "Pas d'bras, plein de chocolat". C'est le nouveau slogan des opportunistes, de ceux qui attendent que tout leur tombe du ciel. Dans la monotonie ambiante, deux camps s'affrontent : Ceux qui vont s'occuper dans leur jardin, et ceux qui se transforme lentement en légume à force de végéter sur le divan du salon avec la télécommande à portée de main. Voilà ce qui arrive quand on défend le « Rien foutre des jours fériés », meilleur ami du macaron framboise devant la téloche / Paris-Roubaix, c'est chouette à vivre devant l'écran, mais quand il faut courir c'est déjà moins fastoche. A chacun son paradis. Je comprends pas tous ces gens endormis et content. Moi, la nuit pour trouver le sommeil, j'compte pas les moutons mais les bastos qu'il me reste.   

34. Osterlauf Grevenmacher : Neuf de Pâques Mon petit jardin à moi, c'est la course à pied. Quand j'ai pas une piste d'athlé où une épreuve à me mettre sous la semelle, je m'ennuie vite fait. Résultat des courses, je me retrouve en manque d'adrénaline... Je commence à rouiller des quadriceps. Il me faut absolument ma dose, sous peine d'explosion. Et comme je kiffe pas la "Lexomil attitude" et que je préfère la "10 x 1000 certitude" et bien, j'enfile ma tenue de sport et je file sur l'autoroute des finances (non, pas celle des vacances) pour chercher le bonheur ailleurs. Allez hop, direction Grevenmacher dans le Grand-duché de Luxembourg, à deux heures trente de route de Strasbourg, où bien, pour faire plus sportif, à cinquante mille foulées de chez moi. Je me rends là-bas pour participer à la traditionnelle Osterlauf. J'y vais pour chercher ma ration d'efforts. Le c½ur ouvert de l'Europe me tends les bras, à moi de lui ouvrir mon c½ur pour faire monter les pulsations jusqu'au sommet. Le sport, c'est le meilleur médicament qui soi, mais on ne le trouve pas à la pharmacie du coin. On le trouve sur les stades, sur les routes, sur les pistes... partout où on peut se défouler un peu. Et pour le pratiquer en toute liberté, pas besoin d'une ordonnance. 
 
Les diapositives défilent dans ma tête à mesure que j'avance sur la route. En passant par la Lorraine, j'sais pas pourquoi mais je pense à Gandrange et à l'usine des espoirs déçus. Des amas de tôle défilent sous mes yeux. Froissés, ils sont semblables à ces bouts de papiers plein de fausses promesses qui remplissent les corbeilles de l'entrepôt de métallurgie. J'aime bien le côté authentique de la Lorraine, et l'état d'esprit des gens qui y vivent. Une grosse dédicace pour Metz, Nancy, Forbach, Thionville, Longwy... La Lorraine est la seule région française à partager ses frontières avec trois autres pays : la Belgique, l'Allemagne et le Luxembourg où je me rends pour courir.

34. Osterlauf Grevenmacher : Neuf de Pâques Le matin du 9 avril, c'est avec l'envie d'en découdre que je vais chercher mon dossard au centre sportif de Grevenmacher. Sur place, on me remet mon neuf de pâques, mais pas celui en chocolat, celui qui s'accroche au maillot avec quatre épingles. Ensuite, je pars m'échauffer sous une pluie fine, le long de la Moselle. Punaise... y'a un vent à arracher les cornes d'un buffle. C'est mal barré pour la perf. Il fait un temps de chien. Le ciel est teinté de gris. Sous mes pieds, le sol est trempé. Je me sens un peu raplapla, mais j'ai tout de même hâte de m'injecter mes p'tits dix kils. En plus, c'est la première fois que je vais courir au Luxembourg. C'est toujours sympa de découvrir de nouvelles contrées. Avant la course, dans les vestiaires, ça sent l'huile de camphre. On se met doucement en condition. Ça papote dans toutes les langues. On peaufine les derniers petits détails. Un lacet mal noué, ça peut vite gâcher la fête, alors on fait un double n½ud et ensuite on se dirige vers le sas de départ. Tout est OK. On va pouvoir s'élancer dans de bonnes conditions et sans stress... Enfin si... juste un peu. Parce que le stress ça aide toujours. Être stressé signifie qu'on se sent concerné par l'enjeu. Sans stress, on passe souvent à côté de sa course. Etre trop détendu, trop relax, c'est bien quand on bronze sur une plage en vacance, mais pas en temps de guerre. Et la compétition, c'est la guerre. Les adversaires ne vous font jamais de cadeau.


34. Osterlauf Grevenmacher : Neuf de Pâques A 10h30 pile, le coup d'pétard retentit. Direct, y'a un type qui part comme un boulet de canon. Même les deux kenyans de service ne réagissent pas de suite. Ils doivent sans doute penser que le prétentieux va vite rentrer dans le rang. Mais au bout de 500 mètres de course, ce concurrent allemand est toujours seul en tête. Il va donc falloir aller le chercher. Les deux kenyans et un belge se charge d'opérer la jonction. Pour ma part, je choisis de demeurer en retrait. Je suis accompagné par un petit groupe de coureur comprenant le champion du Luxembourg de cross Vincent Nothum. Je ne suis pas très saignant aujourd'hui.  J'sais pas si c'est les conditions météo mais je me sens pas d'attaque. Ma course n'est pas fluide. Dans les parties exposées au vent, je dois franchement forcer pour avancer à une allure correcte. J'sais pas ce qui se passe. J'ai peut-être un peu trop forcé à l'entrainement ces temps ci... ça y est, voilà que des idées noires tentent une incursion. Je dois faire abstraction pour ne pas sombrer dans les eaux sombres de la Moselle que le peloton longe à chacune des trois boucles. C'est là que le vent souffle le plus fort. Je vois le drapeau à bandes bleu-blanc-rouge verticales flottée ici et là sur la berge. L'étandard luxembourgeois se déploie sans cesse, sous les coups de buttoir d'Éole. Au fur et mesure le petit groupe qui m'accompagne se disloque. Un jeune coureur allemand me relaie un peu parfois. Mais la plupart du temps, il se planque derrière moi. Il reste là, collé à mon short alors qu'il pête la forme. Au bout d'un moment, ça m'agasse tellement que j'en perds mon sang froid. Et que je me mets à slalomer d'un bout à l'autre de la chaussée comme Jean Baptiste Grange. 
 
Dans la dernière partie de course, un concurrent luxembourgeois me talonne de près. Il est juste là, dix petits mètres derrière moi. Heureusement, à 500 mètres de l'arrivée, on entame un demi-tour avec le vent dans le dos et je peux relancer un peu l'allure. Il ne pourra pas me rejoindre. Je franchirai finalement la ligne en 6eme position.

Après l'épreuve, une fois que ma dose d'effort administrée, j'irai faire une petite ballade pour découvrir le Luxembourg.  Sur la place Clairefontaine, je pourrais admirer la statue de la grande duchesse Charlotte. Ensuite, je flânerai dans la vieille ville et je passerai près du magnifique palais du grand duc, gardé par le service de garde des châteaux. Sur la place Guillaume II, je verrais le bel hôtel de ville et je me frayerai un chemin entre les stands d'un petit marché. J'irai me perdre au milieu d'une foule en quête d'un des petits oiseaux siffleurs en terre cuite (Péckvillercher) qui ne se vende que ce jour-là. Enfin, ma tournée prendra fin dans un p'tit bistro tranquille, devant un bon bol de chocolat chaud.  
   
 
 
34. Osterlauf Grevenmacher : Neuf de Pâques Résultats: 34. Osterlauf Grevenmacher 09/04:2012
 
1. Chepkwony Richard Kenia 30:45
2. Kurui Dickson Kenia 30:47
3. Neuschwander Florian PST Trier 31:15
4. Dekeyser Jonathan Belgique 31:39
5. Becker Jan Lukas LAZ Saarbrücken 31:43
6. Baala Samir Illkich 32:17
7. Groben Pascal C.A.Belvaux 32:20
8. Nothum Vincent CAB 32:50
9. Thielen Christian csl 33:12
10. Kass Christophe Trispeed Mamer 33:18
11. Urwald Marc CAEG 33:24
12. Werhan Dominik PST Trier 33:44
13. Bier Dietmar Triererstadtlauf 33:58
14. Frazer Alexander British Army 34:15
15. Mathis Uli LAZ Saarbrücken 34:22
 

 
 
 
 
 
 
 
 
( Photo: La statue de la grande Duchesse Charlotte.)
 
 
 
 

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"J'ai pas signé dans les Marines, ni chez Cofidis/ Personne peut se vanter de m'avoir glissé un floppy disk."  
"C'est pas l'insulte qui fait la rime puissante/ Que les français arrêtent de s'prendre pour fifty cents."
 
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#Posté le mercredi 11 avril 2012 11:31

Modifié le vendredi 13 avril 2012 01:13

LES FOULEES DE SCHIRMECK: ÇA DECHIRE MEC!!!

               
                17ème Foulées de Schirmeck- dimanche 01 avril 2012
             LES FOULEES DE SCHIRMECK: ÇA DECHIRE MEC!!!
 
LES FOULEES DE SCHIRMECK: ÇA DECHIRE MEC!!!
 
 
En ce dimanche, premier jour du mois d'avril, après un bon petit déj,  je quitte la Villa Mathis et la commune du Hohwald, pour me rendre juste à côté à Schirmeck. Après seulement vingt minutes de trajet, j'arrive dans le hall de la mairie, tout prés de l'endroit depuis lequel une course longue d'environ 20Km avec 450m de dénivelé+ partira ce matin. Sur place, je retire mon dossard et je pars m'échauffer une bonne vingtaine de minutes. J'ai choisi de participer à cette épreuve, pour conclure une copieuse semaine d'entrainement de la meilleure des manières. En somme, je suis venu pour joindre l'utile à l'agréable. En cette journée dédiée au parcours du c½ur, j'ai trouvé de quoi me faire sauter un peu le palpitant.
 
D'un seul coup, on demande aux coureurs de se ranger derrière la ligne car le départ est imminent. La bonne humeur règne au sein du peloton. Les blagues fusent dans tous les sens. Apparemment, y'en a qui ont le sens de l'humour plus affûté que le corps. C'est sûr, ils riront moins tout à l'heure... Quand ça grimpera sévère, les visages changeront vite d'expression. Malgré le temps ensoleillé, il fait encore bien frisquet lorsque sonne le départ de la course, sur les coups de 10h15, cependant pas suffisamment pour refroidir les ambitions des braves. Et puis, de toute manière, chacun sait qu'en courant, on se réchauffe à vitesse grand V. Il suffit d'allonger la foulée pour vite se sentir chaud comme la braise. C'est donc bien à l'heure dite, que le groupe de coureurs dont je fais parti s'élance vers le lointain pour se dégourdir les jambes sur un tracé sélectif. Sous les encouragements d'une mince foule, nous décollons tranquillement.  Le rythme imposé en tête de course n'a rien d'endiablé. Apparemment, personne n'est là pour chasser les minutes et les secondes. C'est peut-être le profil du parcours qui fait un peu peur à tout le monde... à moins que ce ne soit le grand méchant loup...
  
Après seulement deux, trois petits kilomètres de couru sur le macadam, le sol soudainement change d'aspect. Très vite, il prend une autre couleur. Une fois sorti du village, nous pénétrons de plein pied dans une épaisse forêt. Progressivement, le sifflement des oiseaux chasse la voie grave du speaker. Celle-ci s'efface, à mesure que nous nous éloignions des rivages de la société. Soudainement, la grisaille de la ville se change en un immense marais vert. Ce sont des arbres qui se dressent autour de nous, plus des murs gris. La façade des maisons disparait pour laisser place à la nature. Et lorsque nous passons d'un univers à un autre, une belle ascension se dresse en travers de la route. Cette pente fait mal même au plus vaillant de mes compagnons. Aussitôt, il lâche prise. Presque instantanément, je prends quelques longueurs d'avance. Je me détache petit à petit. Et les écarts se creusent... C'est maintenant en solitaire, que je poursuis mon petit bonhomme de chemin*. Il reste environ une heure d'effort à accomplir. Sous mes pieds, les sentiers sont recouverts de cailloux semblables à ceux qu'on trouve le long des voies de chemin de fer. La vigilance s'impose afin d'éviter la chute, surtout dans les descentes abruptes. Je cours en assurant mes appuis, sans me mettre dans le rouge, car je ne sais pas de quoi sera fait le prochain kilomètre. Y aura-t-il encore une bosse ? Je n'en sais rien du tout. Mais j'avance quand même. Je poursuis ma route inlassablement, sans regarder dans le rétro. Je vais tout droit, en ne me souciant de rien. Une tranquillité apaisante me porte. Dans ce silence épais, je n'entends plus que le battement de mon c½ur. Aujourd'hui, c'est cet organe vital qui me coache. C'est lui qui me donne le bon tempo. C'est mon c½ur qui me dicte les bonnes consignes. Alors je cours... Je cours, j'écoute et je me tais...
 
Chut...

Il n'y a pas de place pour les mots. La parole est d'argent, et moi je lui préfère le silence ambiant. C'est l'absence de son qui m'emmène tout droit vers la médaille du plus beau métal. Porté par un silence d'or, j'avance, en me laissant doucement bercer. J'éprouve l'étrange sentiment d'être seul au monde. Mais en course à pied, tout peut arriver. Personne n'est jamais déclaré vainqueur avant d'avoir franchis la ligne d'arrivée en premier.  Alors l'espérance trotte dans ma tête. Au pinceau, elle me dessine la première marche du podium. Je la laisse m'envahir totalement. Elle me fait miroiter quelques instants de bonheur. Au bout d'un moment, un murmure à peine audible me sort de ma torpeur. Lorsqu'il me pénètre dans les oreilles, je m'éloigne de mes pensées. Puis, peu à peu, ce murmure se transforme en bruit. Et le bruit se change en notes de musique, qui se font de plus en plus fortes. En fait, c'est la sono du DJ que j'entends... et la voie grave du speaker. Ca y est, l'arrivée est proche...
 
Il n'y a pas de mot assez fort pour décrire ce que je ressens à ce moment là. À l'intérieur de moi, bouillonne la satisfaction du devoir accompli. Alors je rigole tout seul... Un peu comme cet éléphant qui se cache pour mourir, moi je me planque pour sourire. Pour vivre heureux vivons cacher. Personne ne peut voir mon bonheur. Je me marre tout seul, comme un fou. Je souris à la vie, comme un enfant gâté. La route du coureur de fond est parsemée d'embuche alors il faut profiter des bons moments lorsqu'ils pointent le bout de leurs baskets. Sentir qu'on approche de la victoire, est toujours un grand moment. Qu'elle soi petite où grande, une victoire se savoure comme un repas de fête. Elle a une odeur si particulière. Quand on la sens venir, on n'a l'impression que plus rien ne peut nous stopper. Quand on la sens arriver, c'est toujours un grand moment. Et il est à moi seul ce moment. J'en profite jusqu'à la dernière foulée. Un peu plus tard, je le partagerais bien volontiers avec celle qui m'attends de l'autre côté de la ligne. Mais pour l'instant, ce p'tit moment de bonheur est à moi. Jusqu'au tout dernier mètre de la course, il m'appartient entièrement.
 
 
 
20 KM Foulées de Schirmeck 2012 

1 1:17:28 BAALA Samir    
2 1:25:00 SCHOENAHL Michel     
3 1:25:09 FRIESS Reynald   
4 1:25:32 SCHMITT Arnaud     
5 1:25:55 SOBOTTKA Christophe    
6 1:27:04 HEYD Patrick     
7 1:27:48 DERRENDINGER Alain     
8 1:27:48 BEHRENS Jacky     
9 1:28:00 MEYER Benjamin    
10 1:28:02 FISCHER Fabien
 
 
  
* Bonhomme de chemin ( Titre article du journal L'ALSACE du 24/11/11) 
http://www.lalsace.fr/sport/2011/11/24/bonhommes-de-chemins 
 
( Photo: Journal L'ALSACE- 02 avril 2012)
 
"A chaque défaite, j'me rapproche de la victoire"
http://www.youtube.com/watch?v=MghvPXNxGy4&feature=related
 
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#Posté le mardi 03 avril 2012 01:00

Modifié le vendredi 06 avril 2012 06:34

CONVENTION RUNNING ADIDAS 2012

                                       
                                      CONVENTION RUNNING ADIDAS 2012
 
CONVENTION RUNNING ADIDAS 2012
 
Ce week-end, une convention ADIDAS réunissant presque tous les routards et trailers sous contrat avec la marque au trois bandes, s'est déroulée chez nous en Alsace du côté du Hohwald. La commune du Hohwald s'étend entre 600 et 1 100 m d'altitude sur environ 10 kilomètres de la vallée au champ du feu. Le centre du village est situé à une altitude de 600 mètres et se niche dans une clairière, à proximité de montagnes et de forêts de sapins et de hêtres. Sur les hauteurs du massif Vosgien, nous avons étés chaleureusement accueillis dans l'ancienne villa de la famille Mathis, rénovée il y a quelques années et tenue par Catherine et Olivier Comau (olicoaching). Au menu de ce rassemblement : séance de côte, footing avec le personnel d'Adidas, réunions d'informations sur les équipements textiles, essayage de chaussures et jeux sportifs par équipe dans le parc aventure jouxtant la Villa Mathis où l'ensemble du team était logé. Deux nouveaux membres sont venus grossir les rangs du Team trail.  Ainsi, Olivier Miclo, spécialiste de la course de montagne ( excellent grimpeur) et Sébastien Spehler, champion du monde de canicross porteront haut les couleurs d'ADIDAS prochainement sur les routes.
 
 
(Remerciements à Catherine et Olivier Comau pour l'accueil.) 
 
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#Posté le mardi 03 avril 2012 01:20

Modifié le mardi 03 avril 2012 05:06

12. Badener Limmat-Lauf: À l'heure Suisse

12. Badener Limmat-Lauf
À L'HEURE SUISSE 



12. Badener Limmat-Lauf: À l'heure Suisse
Dans la nuit de samedi à dimanche, le maître horloger aura du pain sur la planche. En effet, il va devoir enfiler son gant blanc pour manipuler des centaines de montres et aligner des aiguilles par milliers. Et ce ne sera pas le seul à le faire. On va tous devoir remettre les pendules à l'heure. Il parait que c'est le choc pétrolier de 1974 qui a motivé cette décision. Ouais. Il parait que c'est pour faire des économies d'énergie, qu'on en use en palpant toutes nos fichues tocantes. C'est pour faire des économies, qu'on tourne toute une série de foutus remontoirs, deux fois par an depuis 1975. Déjà trois décennies que ça dure. Ça fait trente piges qu'on perd notre temps à le remonter (le temps). Pourtant, au risque de paraitre grossier, j'dirais qu'il n'y a pas de quoi en chier une pendule.
 
Ce samedi 24 mars, sera pour moi l'occasion de joindre l'utile à l'agréable, de changer d'air et de fuseau horaire à la fois. Réveillé depuis l'aube, je jette mon sac dans le coffre  et je monte à bord du bolide. Hopla, c'est parti pour de nouvelles aventures. En route pour la Suisse et pour ses verts pâturages. Mais il ne faut pas croire que j'y vais pour caresser le poil de la vache Milka où pour regarder une bestiole emballer des plaques de chocolat dans du papier alu. Non. Cette fois là c'est du sérieux. La  panoplie de Spiderman restera au placard. C'est pour tenter d'accrocher une médaille du plus au dessus de la cheminée que je prends la route. En fait, je ressemble un peu à ce chasseur qui accroche des têtes d'élans empaillés sur les murs de son salon. Je suis un collectionneur de trophées, un serial runner en puissance, un chasseur de temps toujours prêt à dégainer sa foulée aux quatre vents. À chaque épreuve, je m'abreuve du souffle coupé de mes adversaires. Et j'aime bien les voir grimacer. Le système torsion sous ma semelle, fait de moi un vrai torsion-air.
 
12. Badener Limmat-Lauf: À l'heure SuisseDirection le petit village de Wettingen, au milieu du duquel coule une rivière, qui se nomme la Limmat. C'est le long de ce cours d'eau que les coureurs vont devoir évoluer, sur une distance de 13,180km très exactement. Le parcours est assez roulant. Toutefois, on retrouve quelques petites bosses où un escalier à gravir ici où là. Lorsque le départ de la course est donné, à 14h15 précise, sur une piste d'athlétisme de très grande qualité, la température extérieure flirte avec les 20 degrés. Le soleil nous apporte ses rayons bienfaiteurs. Autour de nous, le décor est absolument fabuleux. On dirait un peu ces images sur l'emballage des petits chocolats made in Switzerland... On pourrait rester des heures comme ça à les contempler. Tout y est, la montagne, le petit train jaune semblable à une maquette, les petits chalets en bois colorés, les statuettes autour des fontaines et la mythique edelweiss si cher à Elisabeth II de Bavière.
 
 
 
 
Je suis heureux de participer à une épreuve de l'autre côté de la frontière. Chez nos amis les Suisses, l'ambiance est toujours top et l'organisation irréprochable. Là bas, rien n'est laissé au hasard. Il n'y a pas de place pour l'improvisation. Sur la ligne de départ, le grand favori est le recordman du parcours. Il est éthiopien et s'appelle Nesero Kadi. Son compatriote Zeremariam (vainqueur du marathon de Lausanne en 2h16mn04sec) et le Kenyan Bernard Matheka (7mn46sec au 3000m) sont venus pour lui mettre des bâtons dans la foulée. Quelques bons coureurs Suisses sont aussi de la fête. Bref, c'est pour moi l'occasion de faire une bonne sortie, dans le sillage de tous ces champions. Au coup d'revolver, je prends un départ assez tranquille. En fait, je gère car je ne connais pas les difficultés du circuit. En plus, la météo est généreuse et je me méfie toujours un peu des premières chaleurs. Par précaution, je porte une jolie casquette trempée au préalable dans l'eau fraîche d'une fontaine. Assez rapidement, un homme se détache du groupe de tête. C'est le Kenyan Matheka. Et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'est pas venu faire du tourisme. Ce gars là, c'est un TGV. Il a une voie ferrée sous la semelle. Il trace sa route à une cadence infernale, avec une fréquence d'une rapidité extrême dans la foulée.
 
12. Badener Limmat-Lauf: À l'heure SuisseDerrière l'homme fort du jour, les éthiopiens limitent la casse comme ils peuvent, faute d'avoir pu accrocher le bon wagon. Pour ma part, les sensations sont bonnes. Je cours bien relâcher. Etonnamment, J'arrive même à changer de braquet une fois passé à mi-course. Aux environs du 8ème kilomètre, je rejoindrais même le longiligne Zeremariam après avoir pris quelques longueurs aux suisses Pedotti Paolo et Lukas Stähli. À partir de là, s'en suivra un long mano à mano, qui tournera à l'avantage de l'éthiopien au physique similaire à celui de son illustre ainé feu Abebe Bikila. Le Kenyan Matheka franchira la ligne d'arrivée en pulvérisant le record du parcours de plus d'une minute (38mn58sec contre 40mn26sec), une performance époustouflante au vue du tracé.  Derrière le petit homme au talent gigantesque, Nesero le vainqueur sortant prendra la seconde place et son compatriote Zeramariam finira son parcours six petites secondes avant moi, grâce à un meilleur finish. Pourtant, malgré le fait que je sois passé à côté du podium, je termine assez satisfait de ma petite sortie printanière courue au fil de l'eau. Pendant que je faisais l'effort, les minutes et les secondes se succédaient à une vitesse folle. Je n'ai pas vu l'horloge tourner. L'endroit valait tellement le coup d'½il, que contemplatif,  j'en oubliais carrément de regarder le chrono.

 

12. Badener Limmat-Lauf: À l'heure SuisseRésultats Badener Limmat-Lauf 2012-   distance : 13,180km
 
1. Matheka Bernard Kenya 38.58, 0
2. Nesero Kadi Ethiopia 41.50, 6
3. Zeremariam Berhe Ethiopia 42.38,1
4. Baala Samir France 42.44,3
5. Pedotti Paolo Zürich 44.16,4
6. Stähli Lukas Wattwil 44.28,2
7. Reichenbach Hans STBern 45.00,2
8. Brücker Hansjörg Baden 45.05,4
9. Kuert Fabian   Langenthal 45.07,5
10. Baumann Jonas    Muhen 45.54,4
11. Steinacher Helmuth  Küttigen 46.05,3
12. Lanz Martin    Zürich 46.19,5
13. Wyss Rafael Thalwil 46.38,1
14. Bühler Andy   Cham 46.59,4
15. Boggini Ivan Giubiasco 47.17,5
 
 
 

En compagnie du grand vainqueur du jour
 
 
"Talking about a revolution" Run, run, run  
http://www.youtube.com/watch?v=7rZbvi6Tj6E&feature=related
 
 
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#Posté le lundi 26 mars 2012 03:17

Modifié le mercredi 28 mars 2012 03:29

10Km & Semi marathon de la 51ème vente des vins des Hospices de Nuits St Georges.

 
51ème vente des vins des Hospices de Nuits St Georges.
CHARLOT& LES TROIS SUPERGUS
 
10Km & Semi marathon de la 51ème vente des vins des Hospices de Nuits St Georges.
 
Ce week-end, j'ai répondu à l'invitation de Philippe Remond en prenant part à une course de 10km dans le cadre de la 51ème vente des vins des Hospices de Nuits St Georges. Quasiment deux mois après ma dernière sortie, lors du régional de cross, ma carcasse se retrouvait à nouveau rangée derrière une ligne de départ.  Il était grand temps. Je commençais à rouiller comme la bicyclette de grand-père dans le garage.
 
À Nuits St Georges, en jonglant entre gastronomie, châteaux, grand crus, déguisements et course à pied, les participants s'en donnent à c½ur joie. Et ils n'ont pas à choisir entre l'un où l'autre. Ils peuvent se remplir la tête et les jambes d'images, d'efforts et d'émotions en même temps. Tous les ingrédients sont dans leurs baskets (et dans leurs verres).
 
C'est un peu dingue, mais j'ai du mal à réaliser que je vais m'élancer en compagnie des 2500 coureurs du peloton. Au départ, sur les coups de 14 heures, j'ai la tête dans les nuages comme quand j'étais gosse en cours de math. Je rêve tout éveillé. Faut dire que normalement à cette heure là, le marchand de sable passe me voir (sieste oblige). Mais aujourd'hui je dois troquer l'oreiller contre un dossard, et les bras de Morphée contre des bottes de sept lieux. Je dois délaisser la literie et sortir l'artillerie. Et oui, aujourd'hui je ne vais pas compter les moutons mais les kilomètres qu'il me restera à dormir (courir). PAN... ça résonne dans mes tympans.
Maudit réveil à la con!!! Le sommelier vient de faire sauter le bouchon. Et c'est parti pour la bataille de polochon. C'est l'heure de mettre une jambe devant l'autre, et si possible plus vite que les autres. Mais c'est pas une mince affaire. Car sans grandes ambitions, si ce n'est celle de reprendre dans un cadre qu'on peut qualifier d'extra compétitif, j'ai du mal à me faire sauter un peu le caisson. Tonnerre de Brest, tout est flou autour de moi...
 
Un peloton plein de célébrités s'étire sur les routes bosselées. Avec ma tenue colorée, j'ai l'impression de participer au défilé du carnaval. Ici c'est un peu le folklore. Superman ne se sert pas de ses super pouvoirs pour s'envoler au dessus des vignes Ses deux guiboles lui suffisent. C'est munis de sa paire de running poids plume, qu'il survole le bitume. Près du château du Clos de Vougeot, on peut croiser la salopette bleue et l'imposante moustache de Mario. Son frère Luigi n'est pas là, il s'est chopé une périostite. Sur le tracé, le chapeau melon de Charlot côtoie le masque noir de Zorro. Certain on choisit le semi marathon... J'vois Tintin, Milou, Dupont & Dupont et même Raymond & Remond. Aujourd'hui c'est toute la B.D d'Hergé qui bat le pavé en c½ur. On se croirait dans un monde parallèle du genre La Quatrième Dimension, avec le côté convivial du Club Dorothée en plus. Y'a Robin des bois et toute la bande des Bioman ( sauf force bleu), qui se regroupent pour boire un coup au 5ème kilo. Sans se presser, ils discutent autour d'un gobelet avec un clown au gros piffe rouge vif. « Humm, le premier nez, il est ENORME les amis.» s'égosille le zigoto aux allures d'Arlequin. Et oui, y'a pas que des verres d'eau sur les tables de ravitos.
 
Au 8ème kilo, je vois l'type des films muets en noir et blanc me passer sous les yeux... Ouais. Et même qu'il sert de lièvre à une bande de supers-gus... ( Ca y est, je vois tout en triple). L'ancêtre de Jean Dujardin est réglé comme une horloge suisse. Il a le tempo dans la peau. Au marathon du Médoc, il parait qu'il a soufflé dans le ballon des 4 heures. Mais heureusement, à la pasta party d'la veille, c'était le capitaine de soirée. C'est clair, il est sérieux le papy. Comme meneur d'allure on peut pas trouver mieux. Chers amis, accrochez vous, y'a de la performance dans l'air! 
 
Au bout du compte, mon déguisement de super-marathonien me conduira jusque sur le podium.Bien content, je termine à la seconde place d'une course disputée sur un circuit sélectif situé en plein c½ur des belles vignes Bourguignonne. Vu mon temps à l'arrivée, ça m'étonne pas que j'ai eu des hallucinations. C'est pas possible... j'ai du piquer un somme en cours de route. A cause de mes conneries, je loupe la médaille d'or et le Jéroboam qui va avec. J'en reste bouche bée, muet comme ce brave Bernardo.
 
Ce Dix Bornes Millésime 2012 ne restera pas dans les annales mais c'est tout de même un bon cru.  Bon, je sens qu'il y a encore une coupe qui va prendre le frais et la poussière dans ma cave perso où bien finir en vrac dans l'coffre d'un Renault Espace...  
 
 
 
Podium 10Km de Nuits St Georges 2012
 
1  00:31:54          Michel Juillard               
2  00:32:26          Samir Baala      
3  00:32:33          François Barrer         
 
 
Podium semi marathon de Nuits St Georges 2012
 
1 01:13:32          Régis Raymond           
1 01:13:32          Philippe Remond          
3 01:14:16          Antonin Rigaudiere
 
 
 ( Photo: Docteur, j'ai vu le supergus en triple. C'est grave??? ) 
  
 
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#Posté le mardi 20 mars 2012 01:17

Modifié le mercredi 16 mai 2012 13:36

Championnat d'Alsace de cross 2012 Haguenau: Chut !!! Taisez-vous (c'est pas grave une p'tite chute)

 
Chut !!! Taisez-vous (c'est pas grave une p'tite chute)
 
Championnat d'Alsace de cross 2012 Haguenau: Chut !!! Taisez-vous (c'est pas grave une p'tite chute)
 
Petit flash back sur la journée du 07 février 2010. Ce jour là, il fait gris dehors. Nous sommes à Haguenau et il est environ seize heures lorsque je monte sur la première marche du podium des championnats d'Alsace de cross country. Avec un sourire sur le visage, je tombe dans les bras de mes proches. Un peu plutôt dans la journée, j'ai dominé le cross long de la tête et des épaules. Sous le regard des nombreux spectateurs et de la famille venu m'encourager pour l'occasion, j'ai remporté mon troisième titre de champion régional avec brio. Cette journée, mes adversaires s'en souviennent peut-être encore aujourd'hui... je n'en sais rien. Mais ce dont je suis certain c'est que j'ai fait le maximum pour qu'ils ne l'oublie jamais. Ce jour là, je ne courrais pas seulement pour gagner mais aussi pour marquer les esprits. Pour les quelques journalistes présents ce jour là, mon succès fût une surprise, mais pour moi c'était juste une revanche sur pleins d'choses, la vie en particulier. Ce jour là, la détermination pouvait se lire dans mon regard. Pour moi la victoire était inévitable. C'était la seule issue possible...
 
Même si je ne gagne pas, j'aurai démontré que j'suis là.

 Dimanche 29 janvier 2012, ca y est, c'est le grand jour. Les régionaux de cross sont de retour à Haguenau. C'est un peu un come back. Je me suis préparé d'arrache pied pour ce rendez vous incontournable que j'affectionne tout particulièrement. Ce championnat fait partie de mes grands objectifs depuis plusieurs années maintenant. Des nuits avant, j'y pense. Des jours entiers, je m'y prépare méticuleusement. Comme d'habitude, j'arrive sur les lieux de bonne heure pour sentir le parcours et me l'imprimer dans la tête. Sur place, je peux constater que le tracé est légèrement différent de celui qui s'offrait à nous deux ans auparavant au même endroit. En le regardant bien de près, quelque chose m'inquiète un peu. En effet, au bout du champ, long de 150 mètres, sur lequel le départ est donné, on trouve un portail large d'environ cinq mètres. Cinq petits mètres, je trouve que c'est un peu étroit pour faire passer beaucoup de monde à la fois, d'autant que juste après l'obstacle, il faudra virer sèchement à droite. En l'observant sous tous les angles, j'me dis qu'il faudra bien négocier ce passage là, pour ne pas se retrouver enfermer bêtement et perdre de précieuses secondes pour se replacer devant. Mais bon, tout va bien, j'suis confiant en mes chances de l'emporter. J'suis sûr de moi. Trop sans doute. En fait, dans ma tête, il n'y a pas de place pour le doute, cette fichue clôture est le seul détail qui me fait un peu trembloter. Pour ce qui est du reste, je ne suis pas inquiet, car nul ne m'impressionne. Et puis y'a pas de raison de paniquer, j'vais la franchir à fond la caisse cette foutue porte et ensuite tout ira pour le mieux... J'vais réussir une bonne prestation, j'en suis persuadé. Trop peut-être... Mais bon, on ne refait pas un homme. J'suis comme ça. On n'est jamais assez sûr de soi quand on est un véritable compétiteur. Chaque jour qui passe, j'suis celui qui toujours espère, et jamais ne renonce. Du moins, j'essaie juste de l'être. Chaque jour qui passe je fais face aux galères.
 
Une fois le départ donné, j'ai franchi la porte en tête comme prévu mais la suite je ne pouvais pas la prévoir. Au sein d'un peloton de coureurs trop dense, on est jamais à l'abri d'une bousculade ou d'une chute. Et ce qui devait arriver arriva. Au bout d'un kilomètre à peine, un pied m'a accroché la jambe et j'ai senti le sol se dérober sous mes semelles. Ce croche-pied ne m'a pas laissé la moindre chance de me redresser dans de bonnes conditions. En tombant, j'ai trouvé le temps si long que j'aurai presque pu feuilleter mon press-book en cours de route. J'ai cru que je rêvais. Pendant que j'planais dans les airs, le temps semblait comme suspendu. J'ai vu ma carrière sportive défiler au ralenti. Chaque centième de seconde me semblait être une éternité. Avant de toucher le sol, j'ai pu dire au revoir à la victoire et bonjour à la bravoure. Et une fois à terre, je ne pensais plus qu'à esquiver les coups des chaussures à pointes d'une armada en ordre de bataille qui poursuivait son offensive sans se soucier de la perte d'un des siens. En un instant, je suis passé du rôle de vainqueur potentiel à celui de simple obstacle. Le résultat final ne m'importait plus. Je ne pensais plus à rien si ce n'est à me protéger. Plus rien d'autre ne comptais. Mes chances de succès s'éloignaient avec le groupe de tête. Après une petite roulade sur moi même pour me mettre à l'abri du danger, je me suis remis en selle sans trop me faire d'illusions. Ce qui m'a fait continuer, c'est l'amour propre, la dignité, l'honneur. La fierté est ce trait de caractère que tout homme se doit de posséder... La fierté, il ne me restait plus que ça. Je me suis accroché à elle comme à une bouée de sauvetage pour sortir de ce merdier en gardant la tête haute. En me relevant, je me suis simplement dit: Je vais leurs montrer c'est quoi un vrai athlète. Pas question d'abandonner. Même si je ne gagne pas, j'aurai démontré que j'suis là. Au fond de moi, il y avait cette voie motivante qui m'disais: Tant qui y'a d'la vie ya d'l'espoir, tout est possible pour peu qu'on y mette du sien.
 
Maintenant les jeux sont faits, impossible de rembobiner. Dans cette course, je me suis battu de toutes mes forces mais les honneurs ne m'attendaient pas au bout du chemin. Il n'y avait ni trophée, ni médaille pour moi à l'arrivée. Je voulais courir pour la gagne, et, au lieu de ça, je lui ai couru derrière pendant presque dix bornes, et au bout de mon effort, je n'ai trouvé que l'échec. J'voulais être l'acteur principal mais je n'ai eu droit qu'à un second rôle. J'ai encore appris beaucoup hier au terme de cette épreuve. Aujourd'hui, j'écris ces quelques lignes avec le c½ur léger car je sais que rien ne sert de courir lorsqu'on est sûr de ne pas chuter en cours de route. En effet, c'est le côté imprévisible du sport qui le rend si beau. C'est cette petite part de risque qui donne du piment à la pratique sportive. T'as beau posséder le triple A, t'es jamais à l'abri d'une dégringolade.
 
Faire la course en tête, quand on a de grosses qualités, c'est souvent un jeu d'enfant. En revanche ça l'est beaucoup moins quand il s'agit de lutter d'égal à égal avec un adversaire de taille. Apprendre à perdre avec honneur est bien plus difficile que d'apprendre à gagner avec classe. Pour faire un bon vainqueur il faut être bon perdant. C'est trop simple d'inventer des excuses quand on opte pour l'abandon sans raison valable. En pleine tempête lorsque la météo est inquiétante, les instruments déréglés, l'équipage déboussolé, il ne reste plus qu'à se tourner vers le capitaine et vers le ciel. Le capitaine, c'est celui qui a pour mission d'emmener passagers, équipages et marchandises à bon port. Il se doit de mener à bien sa mission. Il ne peut donc pas abandonner son navire, surtout s'il n'est pas le dernier à le quitter. Bon ok, on l'aura compris... ça c'était avant. Hélas, depuis la semaine dernière et le naufrage du Concordia, cette photographie suspendue dans notre imaginaire, celle du brave capitaine qui dirige le navire contre vent et marée, s'est drôlement écornée. Sa réputation d'homme respectable et courageux en a pris un sacré coup. C'est tout un symbole qui coule à pic. Avec les yeux du gamin qui adorait jouer aux pirates des mers et qui admirais tant les grands marins, je découvre avec stupéfaction qu'en réalité un capitaine ne sombre pas avec son paquebot et que finalement la fameuse expression : les rats quittent le navire sonne juste à notre époque. Décidément, notre monde part à la dérive. Mille Millions de Mille sabords, ce bon vieux cap'taine Haddock doit se retourner dans sa tombe en voyant que le sens de l'honneur s'échoue lentement dans un océan de lâcheté.
 
C'est dans la difficulté qu'on voit les hommes. Un vrai sportif sait gagner mais il sait aussi perdre, chuter pour ensuite mieux se relever et lutter face à l'adversité épaule contre épaule. En gros, le vrai sportif c'est celui qui assume en toute circonstance, le plus naturellement du monde. La concurrence est plus forte dans l'esprit que sur le terrain de cross. Vaincre ses démons est bien plus difficile que de vaincre une bande de gaillards en short. On a tous deux bras et deux jambes mais on n'est pas tous forgé dans le même métal. La vraie concurrence c'est dans la tête qu'elle se trouve...elle ne se trimbale pas en short-débardeur. La seule vraie concurrence c'est celle qui se cache derrière les aléas de la vie. La vraie concurrence, ce n'est pas l'être humain, c'est la tentation qui te dit de boire un coup, de fumer un joint ou de sniffer un gramme. C'est la petite voie diabolique qui te dit d'abandonner lorsque tu souffre ou lorsqu'un autre coureur est meilleur que toi. C'est cette fichue envie de tout foutre en l'air quand survient le décès d'un de tes proche. La vraie concurrence c'est la maladie, la pauvreté ou la détresse, toutes ces épreuves qui rendent la vie plus dure et auxquels il faut faire face pour relever la tête et continuer d'avancer sans jamais se plaindre. Le courage c'est souffrir en silence, c'est pleurer en cachette, sans faire de bruit, et ne jamais plier. Quand t'as affronté un problème sérieux sans jamais baisser les bras, quand t'as pris conscience du fait qu'après tout un résultat sportif bon ou mauvais n'est qu'une petite ligne de plus dans un gros bouquin, alors seulement tu peux dire que t'as gagné une petite manche. Quand tu relativise convenablement alors tu ne culpabilise plus. Les trophées ne sont alors plus que de la poudre aux yeux. 
 
 
 
Championnat d'Alsace de cross 2012 à Haguenau
 
cross long Elite ES-SEM 10260m | M | cross long Elite ES-SEM 10260m | Chr : M
HC 31'31'' BEGHOUL El yemine Racing Cf (paris)    
2 31'35'' qe JONCHERAY Pierre Alsace Nord Athletisme    
3 31'54'' qe ECKES David Ac Huningue    
4 32'11'' qi BAALA Samir Saint-louis Rc    
5 32'16'' qe RUBIO Benjamin Strasbourg Agglomeration Athle     
6 32'32'' qi DA SILVA Anthony A.s.l. La Robertsau     
7 32'37'' qe MELLINA Pol (Lux) Alsace Nord Athletisme   
8 32'49'' qe WEBER Nicolas Alsace Nord Athletisme    
9 32'53'' qe GENEVE Lionel Strasbourg Agglomeration Athle    
10 33'01'' qe MEHL Jonathan Alsace Nord Athletisme    
11 33'15'' qe ALLENBACH Emmanuel Alsace Nord Athletisme    
12 33'27'' qe BOMBENGER Jean-francois Colmar Marathon Club    
13 33'36'' qi PIERRE Aurelien Pays De Colmar Athletisme    
14 33'53'' qi HIHN Bruno Ac Centre Alsace     
15 34'00'' qe LEGRAND Emmanuel Ac Huningue    
 
 
( Photo DNA du Lundi 30 janvier 2012. Peu avant ma petite chute.)
 
Merci et bravo à Benjamin Rubio pour sa grande sportivité.
Je remercie Nico Weber pour sa franchise admirable.
Respect les jeunes.
 
 
 
 
Article des DNA du Lundi 30 janvier 2012:
http://www.dna.fr/sports/2012/01/30/la-reponse-de-joncheray
 
 
"Je suis Intouchable"
http://www.youtube.com/watch?v=6Bhyacdv87g

Ludovico Einaudi "Fly" "Pour tous les soldats de la vie:"
http://www.youtube.com/watch?v=a_mUuvgGnC4&feature=related 
 
 
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#Posté le lundi 30 janvier 2012 13:53

Modifié le mercredi 08 février 2012 04:22

Championnat du Haut-Rhin de cross 2012: Un doigt pour chaque victoire, une main pour dire au revoir.

Un doigt pour chaque victoire, une main pour dire au revoir
 
Championnat du Haut-Rhin de cross 2012: Un doigt pour chaque victoire, une main pour dire au revoir.
 
2012 à Pfaffenheim  (10105 m) Le pouce - 2011 à Wihr-au-Val (9 600 m)  L'index - 2010 à Dolleren (9 990 m)  Le majeur
2009 à Neuf-Brisach (9 860 m)  L'annulaire - 2008 à Guebwiller (9 360 m) L'auriculaire



C'est à Pfaffenheim, sur un terrain vallonné typique du vignoble Alsacien, balayé par une bise glaciale, que se sont déroulés les championnats du Haut-Rhin de cross country version 2012. La course fût éprouvante pour tous. Les participants ont en effet dû évolués sur un parcours qui mérite vraiment de porter l'appellation cross, car il n'a rien à voir avec un hippodrome. A chacune des quatre boucles du circuit, on retrouvait une belle grimpette, une grosse descente, des relances incessantes et un sol très lourd. La température extérieure affichait seulement trois petits degrés et avec le vent la sensation de froid augmentait. Mon but était clair : conserver mon titre de champion pour la cinquième année de suite. Au coup de pistolet, je me suis retrouvé en tête avec David Eckes le champion d'Alsace. Etant donné que nous avons tout deux terminés dans le TOP 5 lors des derniers interrégionaux à Lons le Saunier, rien n'était gagné d'avance. Pour décrocher un cinquième élément, j'allais devoir être costaud. Avec la trentaine de courses disputées au cours des douze derniers mois, je pensais que j'allais morfler dans la côte mais finalement je la grimpais sans trop subir. Lors du troisième passage, je me détachais légèrement de David pour finir avec une poignée de secondes d'avance. Peu avant de franchir la ligne, j'ai retiré le gant qui recouvrait ma main droite, pour afficher la couleur, cinq doigts pour autant de victoires et une main pour dire au revoir. Du niveau départemental au niveau mondial, la persévérance est une qualité que tout sportif se doit de posséder. La régularité est la clé de la réussite. Derrière chaque victoire, si petite soi telle, il y a le travail.
 
Championnat du Haut-Rhin de cross 2012: Un doigt pour chaque victoire, une main pour dire au revoir.
 
J'avoue que le stress m'en a fait voir de toutes les couleurs tout au long des jours précédents cet événement, sans doute plus que d'habitude car j'avais une petite idée qui me trottait en tête. Je n'étais pas vraiment d'humeur à écouter les Jackson Five. Ca fait maintenant cinq ans que je participe à ce championnat départemental, cinq ans que j'prend du plaisir à le courir, en le gagnant bien sûr, mais aussi et surtout en pratiquant ce sport noble qu'est l'athlétisme. Depuis le 04 octobre 1958, la cinquième république est le régime de rigueur dans l'hexagone. Cinq ans, c'est la durée d'un mandat présidentiel en France. Et à moins de les passer derrière les barreaux, cinq ans c'est court, ça défile vachement vite! J'vous jure que je n'ai pas vu l'temps passer. J'ai savouré chaque foulée comme si c'était la dernière. Du premier jusqu'au cinquième orteil, j'ai pris mon pied. Mais aujourd'hui, après cinq années de bons et loyaux services, j'ai pris la décision de ne pas me présenter à l'élection du meilleur crossman du 6.8 l'an prochain. C'est clair et c'est gravé dans le marbre, je ne serai pas candidat à ma propre succession. C'est une petite page qui se tourne mais le livre de ma vie est loin de toucher à sa fin (Si Dieu le veut). Bien sûr, je continuerai toujours d'appliquer la politique de l'effort, celle des gens qui se lèvent tôt, celle des gens qui ne font pas de trop long discours, et qui s'expriment sur le terrain sans jamais se planquer, sans jamais tricher et sans jamais baratiner personne. Je ferais toujours partie de l'espèce des coureurs de fond. Dans l'épreuve, je ferais toujours partie de ce peloton d'athlètes unis comme les cinq joueurs d'une équipe de basket sur le terrain. On formera toujours un team. Au départ, on va encore serrer les poings pour combattre, et à l'arrivée, on se serrera la main entre combattants... à ce moment là, c'est le meilleur qui aura gagner. Et puisqu'une main sert aussi à compter, on attribuera à chaque doigt une victoire. J'suis pas un chef d'état. Dans mon parti, on ne trouve que des coureurs à pieds. En cinq ans, si j'avais été président, je n'aurai certainement pas pu redresser l'économie du pays, sa note aurait tout de même dégringolée. Pourtant, plus pour le jeu d'mot que pour paraitre prétentieux, j'dirai qu'on ne peut pas dévaluer un BAALA, il conserve le triple A toute sa vie. N'en déplaise à Standard and Poor's et à toutes les autres agences de notation.
 
 
 
Résultats Championnat Cross Haut-Rhin 2012 - 10105m
 
1 33:23 BAALA Samir Saint-louis Rc    
2 33:37 ECKES David Ac Huningue    
3 34:53 MICLO Olivier Colmar Marathon Club 
4 35:21 BOMBENGER Jean-francois Colmar Marathon Club     
5 35:37 STEPHAN Quentin Colmar Marathon Club     
6 35:50 DONISCHAL Brice Colmar Marathon Club     
7 35:57 SUSIN Fabien Colmar Marathon Club    
8 36:02 MEUNIER Nicolas Entente Grand Mulhouse Athle     
9 36:06 DE NEF Sylvain Ac Huningue     
10 36:09 MICHEL Frederic Pays De Colmar Athletisme
 
 
Photo 1: Journal L'ALSACE
Photo 2: Nicolas Fried pour le site L'Alsace en courant. Remerciements à lui.
 
Article du journal L'ALSACE du 16 janvier 2012: Un dernier pour la route. 
http://www.lalsace.fr/sport/2012/01/16/samir-baala-un-dernier-pour-la-route
 
 
"Oui, la folie d'ce monde n'a pas d'égale. Guider par l'appât du gain, on oublie la voie du bien, parfois pour l'achat du pain."  http://www.youtube.com/watch?v=sdwMzgnsWic
 
 
 
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