Il est 15 heures, vite, la camionnette du marchand de glace arrive. J'entend cette petite mélodie qui m'est familière sortir des hauts parleurs de l'engin. Elle signale son arrivée sur le boulevard. Comme si c'était le retour du Messie, je fonce en dévalant les escaliers de mon bâtiment a cent a l'heure. Je dispose d'une pièce de cinq francs et j'ai envie d'un grand mister Freeze bleu « Schtroumpf » . Il fait chaud en ce jour d'été 1986. Tout le quartier se presse autour de la véhicule multicolore pour s'offrir un petit rafraîchissement. On se croirait en train de faire la queue a l'entrée d'un concert de Johnny. Plus tard, avec les autres gamins de la bande, on tapera le ballon sur la pelouse, devant les blocs ou on ira a la piscine de « Schilick » plongé du 7 (plongeoir placé a 7 métres de hauteur) pour faire les malins. Mais avant, place a notre petit rituel journalier qui consiste a s'accroché aux pare chocs arrière du véhicule du « Glace Man » lorsque celui-ci met les voiles a la fin de sa tournée. Un jeu dangereux qui donne des fois des sueurs froides lorsque le trajet s'allonge. Une fois, un marchand de glace qui nous avait pas a la bonne, qui en avait raz le bol de notre bordel, ou peut-être bien un peu des deux, nous a balancé de la bombe lacrymogène dans le visage, par la vitre avant, en cours de route. C'était la première fois mais pas la dernière que je me prenais ça dans la tronche et l'expérience ne fût pas agréable a vivre. Quand j'y repense, faire ça a des gamins de 10 piges c'était vraiment dégueulasse. Je me suis essuyer les yeux avec une des manches de ma chemise sans résultat. Un de mes potes se demandait même s'il n'allait pas rester aveugle a vie. Il en était vraiment persuadé le bougre, parce qu'un grand con du quartier lui avait fait la blague. J'habitais au 34 de la rue Augustin Fresnel de la cité nucléaire de Cronenbourg. Au premier étage, dans un bâtiment gris de sept étages avec une porte d'entrée dotée de plusieurs vitres a moitié cassé et ouverte 24 heures sur 24. Une chambre avec pour tout mobilier une armoire en imitation chêne, une petite table et un lit superposé pour moi et mon frangin. Kronenbourg est célèbre dans le monde entier pour sa marque de boisson. Mais ce que la plupart ignore, c'est la face caché derrière l'étiquette collé sur le verre des bouteilles de bière. Un quartier HLM qui n'apparaît pas dans les guides touristique et au sein duquel une population survit a l'écart de presque tout. Là ou les bac+ 4, n'ont pas la gueule de l'emploi et ou les petits frères, en voyant le sombre tableau ne veulent plus emprunter le chemin de l'école. J'étais heureux là-bas malgré tous qu'on peut dires de mal sur les banlieues. J'ai rencontré des gens formidable qui vous rendez la vie joyeuse en vous racontant des histoires, vraies ou fausses, de vies ratés pleine de regrets, de vacances au pays d'origine, de casse du siècle, d'argent gagné au tiercé ou juste d'amourette qui commence dans une cage d'escalier. Des gens simples, de toutes origines et de tout horizon qui formaient une grande famille. On étaient tous embarqués dans la même galère. Une espèce d'arche de Noé des temps moderne. Sauf qu'on a pas tous survécu au déluge mais ceux qui s'en sont sortis indemne et on quittés le quartier, porterons toujours en eux, une trace de leurs passage ici, comme une cicatrice indélibile dans le coeur.
Un univers de béton avec des murs insurmontable si personne ne vous tend la perche. Serguei Bubka en herbe, on cherchaient tous le paradis, le vrai, pas celui des bandits. Devenir quelqu'un de sûr avec son portrait sur les murs, c'était le but ultime de chacun mais hélas, il y avait beaucoup trop de candidats a la gloire pour très peu d'élus. Voilà sans doute pourquoi lorsqu'un des notre s'en sort bien, grâce a son talent pour le sport, la musique ou les études, il nous représente tous dans cette société dont la porte blindé sera toujours pour certains, fermé a double tour. Il devient la preuve vivante qu'il n'y a pas que des méchants qui vivent dans les banlieues. Je remercie Dieu pour avoir permis qu'un beau jour, mon chemin croise celui du sport. La course a pied m'a procuré tant de joies et permis de rencontrer tant de gens formidable et différents a travers la planète. C'est mon équilibre le sport, la bouée de sauvetage a laquelle, je m'agrippe pour garder pied dans le système. Désormais, j'ai rangé mes peines au rayon des surgelés. Elles décongèleront bien un jour et je vais devoir en bouffé des soucis mais après tout, que serait les bons moments si les mauvais n'existaient pas. Ils n'auraient sans doute pas la même saveur. Je raconte ma vie au risque de passer pour "un mec qui se la raconte genre j'ai un passé" mais au moins, moi, j'ai des choses a dires. J'agis de la sorte juste pour ne pas oublié d'ou je viens même si je sais trés bien que je n'ai encore rien accomplie d'extraordinaire sportivement. J'ai franchis le mur. Mon seul mérite, c'est d'avoir un jour décider de changé de vie et si mon exemple peut servir a d'autres, j'en serais trés heureux. Voilà pourquoi j'écris... (à suivre)
Samir BAALA
Un univers de béton avec des murs insurmontable si personne ne vous tend la perche. Serguei Bubka en herbe, on cherchaient tous le paradis, le vrai, pas celui des bandits. Devenir quelqu'un de sûr avec son portrait sur les murs, c'était le but ultime de chacun mais hélas, il y avait beaucoup trop de candidats a la gloire pour très peu d'élus. Voilà sans doute pourquoi lorsqu'un des notre s'en sort bien, grâce a son talent pour le sport, la musique ou les études, il nous représente tous dans cette société dont la porte blindé sera toujours pour certains, fermé a double tour. Il devient la preuve vivante qu'il n'y a pas que des méchants qui vivent dans les banlieues. Je remercie Dieu pour avoir permis qu'un beau jour, mon chemin croise celui du sport. La course a pied m'a procuré tant de joies et permis de rencontrer tant de gens formidable et différents a travers la planète. C'est mon équilibre le sport, la bouée de sauvetage a laquelle, je m'agrippe pour garder pied dans le système. Désormais, j'ai rangé mes peines au rayon des surgelés. Elles décongèleront bien un jour et je vais devoir en bouffé des soucis mais après tout, que serait les bons moments si les mauvais n'existaient pas. Ils n'auraient sans doute pas la même saveur. Je raconte ma vie au risque de passer pour "un mec qui se la raconte genre j'ai un passé" mais au moins, moi, j'ai des choses a dires. J'agis de la sorte juste pour ne pas oublié d'ou je viens même si je sais trés bien que je n'ai encore rien accomplie d'extraordinaire sportivement. J'ai franchis le mur. Mon seul mérite, c'est d'avoir un jour décider de changé de vie et si mon exemple peut servir a d'autres, j'en serais trés heureux. Voilà pourquoi j'écris... (à suivre)
Samir BAALA




