Après les premières rimes, virent donc les premières foulées. Après les premiers concert, avec mon groupe de rap les "Adeptes du tempo", virent les premières courses. Pourtant, c'était pas gagné d'avance. Il me fallut beaucoup de temps avant de choisir la course à pied comme mode d'expression. Je me souviens, à chaque nouveau départ, je découvrais de drôles de personnages. Petit à petit, je faisais la connaissance des "Adeptes du chrono", une bande de barjots qui se trimbalent en short même sous la neige et dans le froid, toujours avec le sourire et toujours dans la bonne humeur. Tout ces joyeux lurons se retrouvaient le dimanche matin dans les petits patelins, autour de Strasbourg, pour parcourir cinq ou dix kilomètres en petites foulées. J'ai donc découvert le monde du "Running", l'ambiance chaleureuse qui va avec et par un beau jour de septembre 1998, j'épinglais mon premier dossard. Que dire de ma vie avant cela, si ce n'est qu'elle ne fut qu'une succession d'épreuves plus ou moins difficiles à traverser. Une partie de poker menteur qui tourna souvent mal. Avec la course à pied, je rentrais de plein pied dans le monde réel. J'avais enfin accès à la reconnaissance et cette perspective me plaisait bien, à moi, qui jusque là n'avais pas su, pas voulu, donné un sens à ma vie. En découvrant tout ce que le sport avait à m'offrir de bon, je reprenais espoir. Galérien du bitume, je quittais la cage d'escalier pour partir à la découverte d'un autre univers, à la conquête d'un nouveau monde, un peu comme Christophe Colomb partait découvrir l'Amérique mais sans "La Santa Maria". Mon frère Mehdi était déjà reconnu sur le plan national mais son exemple ne m'inspira rien d'autre que de la fierté et de l'admiration. Il ne fût pas le déclencheur d'une vocation. C'est bien la course sur route et tout ce qui se passait autour, qui me donna envie de changer radicalement de mode de vie. Dans ma tête, je me suis dit: "Au revoir le béton, aujourd'hui j'ai pris une décision, je vais devenir marathonien. Après tout, toute peine mérite salaire, tout mes efforts ne resteront pas vains." Désormais, je ne ferais plus partie du clan des couche tard, je rejoindrais le rang des lève tôt, celui de "La France qui se lève tôt", comme notre cher président le martèle si souvent. ( à suivre)
(Photo: Fable "Le lièvre et la tortue")
"C'est la jalousie que tu vois chez les rageux/ L'hypocrisie nous touche à notre âge/ Faut avancer seul, vas y à l'arrache/ Lève le poing en l'air, ce morceau pour les barjots"
http://www.youtube.com/watch?v=6b8RsgVU6kE






